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Quand au matin je vois

Charles Guérin

Catalogue Georges Taconet - Opus 23

Quand au matin je vois tes persiennes s’ouvrir
Doucement comme des paupières,
Et toi-même accoudée au balcon, en fleurir,
Rose blanche, les vieilles pierres,

Mon âme livre alors ses ailes au soleil
De la jeune lumière heureuse,
Et vole, frémissante abeille,
Se poser aux plis de ta bouche amoureuse[1].

Et je dis, bénissant la main qui modela
Ta suave argile embaumée :
Mon Dieu, vous qui l’avez faite ainsi, gardez-la
Tendre et belle ma bien-aimée,

Celle qui d’un pied sûr dans la route où je vais
Marche souriante et paisible,
Les seins hauts et formant de ses deux bras levés
Les anses d’une urne invisible.

Footnotes
  1. Conforme au manuscrit, mais onze syllabes !