Biographie et œuvres
Texte de Gérald Hugon - Directeur Artistique

Georges Taconet à Sainte Adresse en 1956
Georges Taconet 1889-1962
Éléments de généalogie¶
Né le 17 août 1889 à Mont Saint Aignan, Georges Taconet est le cadet d’une famille de trois enfants. Sa date de naissance le situe dans la chronologie de la musique française entre Louis Durey, l’aîné du « Groupe des Six », né l’année précédente et Jacques Ibert qui naît l’année suivante.
Son grand-père Eugène Taconet (décédé en 1884) avait travaillé dans le journalisme et collaboré, avec des phases d’entente et de divergences, avec le journaliste et polémiste Louis Veuillot (1813-1883), représentant dans la France de la monarchie de juillet finissante, de la Seconde République et du Second Empire, un catholicisme ultramontain fortement opposé aux tendances catholiques libérales et aux courants socialistes. Son père, Pierre Taconet (1860- 1940), armateur avait perdu une partie de sa fortune et s’était reconverti dans la profession d’assureur-conseil. Sa grand-mère, épouse, d’un avocat de Rouen, était une très bonne musicienne.
Études d’harmonie¶
Il effectue ses études d’harmonie et de composition avec René Vierne (1878-1917), le frère de Louis Vierne et avec Paul Fauchet (1881-1937) qui sera, à une période plus tardive, professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris de 1927 à 1937.
Première composition¶
Georges Taconet semble avoir composé très tôt. Une de ses plus anciennes mélodies La Mouette , sur un poème de Georges Audigier[1], peut être datée avec certitude d’avant le 8 novembre 1907, grâce à une lettre de l’auteur du texte remerciant le compositeur de son envoi de la partition.
Le compositeur est alors âgé de dix-huit ans. Si la forme ternaire et l’harmonie restent encore assez conventionnelles, la partie centrale « Le vent s’élève... » laisse percevoir une construction en crescendo d’un bel effet, indiquant l’importance que le compositeur accordera au piano dans ses futures mélodies, non pas comme simple instrument d’accompagnement harmonique de la voix mais comme apport en contrepoint à la ligne vocale.
Première guerre mondiale¶

Soldat en 1917
Comme beaucoup de compositeurs de sa génération, Taconet est engagé dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale. Il est lié dès la guerre à André Caplet avec qui il correspond sur le front. Il semble à l’époque impliqué dans l’organisation de matinées musicales. Dans une lettre de cette période datée de Vendredi Saint (année non précisée), André Caplet invite Taconet à le rejoindre le dimanche suivant à Condé en Brie où « les trois musiques de la Division exécuteront à 15h30 la Marche héroïque de la 5e D.I. ». En filigrane, percent les inquiétudes suscitées par les mouvements du front. Caplet et Xavier Leroux patronnent son inscription à la SACEM en 1916.
Concerts¶
1923 au Havre¶
Son nom apparaît aux côtés de celui d’Arthur Honegger sur le programme d’un concert donné le 27 mai 1923 au Havre et organisé par la Société de propagande musicale, consacré aux compositeurs havrais. Ce jour-là, Arthur Honegger accompagne lui-même au piano des extraits de son Roi David ainsi que deux de ses Six Poèmes d’Apollinaire extraits de « Alcools » (1916-17). Au cours de ce concert principalement consacré à l’audition d’œuvres d’Arthur Honegger (Premier Quatuor à cordes, Sept Pièces brèves , Toccata , Hommage à Ravel), Georges Taconet accompagne la cantatrice Germaine Cernay[2], de l’Opéra-Comique, dans trois mélodies de sa composition Septembre, Goûte, me dit le soir de juin et Noël.
1924 Paris¶
Certaines de ses œuvres semblent avoir été entendues à Paris dès 1924 au Grand Palais. Le triptyque L’Attente mystique est joué dans sa version avec orchestre à la Société philharmonique du Havre le 27 février 1927 puis avec piano le 20 mai 1927 à la Salle de la Schola Cantorum de Paris.
1928 Société Nationale de Musique¶
Une lettre de Marcel Labey[3]] adressée au compositeur, datée du 13 janvier 1928, nous apprend que certaines de ses mélodies sont programmées à la Société Nationale de Musique le 4 février 1928 avec le concours de Germaine Cernay de l’Opéra-Comique.
1932 Société Nationale de Musique¶
Peu d’années après, Paul Le Flem salue dans la revue Comoedia daté du 25 janvier 1932 le Quintette avec piano « d’une structure toute classique, bien équilibré, s’apparentant, par l’écriture et par son charme mélodique, à l’esprit fauréen » à l’occasion de sa première audition le 9 janvier 1932 à la Société Nationale de Musique.
Interprète¶
Comme interprète, il apparaît volontiers en public au Havre ou à Paris pour tenir la partie de piano de ses mélodies, de son Quintette ou de sa Sonate pour violon mais aussi, pour accompagner des œuvres d’autres compositeurs. Taconet jouait souvent les Sonates pour violon et piano de Schumann, Grieg, Franck, Lekeu. Pendant la Seconde Guerre Mondiale , il se rendait encore régulièrement les mercredis chez la violoniste Blanche Vinay-Leconte pour se livrer à des séances de Sonates. Le 22 avril 1945, il fit une de ses dernières apparitions en public dans une Sonate de Haendel et la Sonate en ut mineur de Grieg.
Sa maison à Saint Adresse¶

La maison de Georges Taconet rue des Guèpes à Saint Adresse
Georges Audigier a été mis plusieurs fois en musique par Saint-Saëns notamment en 1900 dans La Nuit op. 114 pour chœur de femmes et orchestre et dans la mélodie Le Fleuve composée en 1906, soit seulement un an avant La Mouette de Taconet. Georges Audigier fut sous préfet de Senlis et a poursuivi une carrière politique.
Originaire du Havre, Germaine Cernay (1900-1943) reste aujourd’hui présente dans toutes les mémoires grâce à l’enregistrement historique de Pelléas et Mélisande de Debussy réalisé sous la direction de Roger Désormière dans lequel elle tient le rôle de Geneviève.
Marcel Labey (1875-1968) semble avoir fait la connaissance de Georges Taconet au moment où il dirigeait son opéra Bérangère au Havre.