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Style Musical

Texte de Gérald Hugon - Directeur Artistique

Extrait d’une partition manuscrite de Georges Taconet “L’abeille qui plongeait”, poème de Charles Guérin mélodie mise en musique par Georges Taconet

Extrait d’une partition manuscrite de Georges Taconet “L’abeille qui plongeait”, poème de Charles Guérin mélodie mise en musique par Georges Taconet

Il est toujours risqué, sinon réducteur, de classer la musique d’un compositeur dans un style ou de le rattacher à une école, a fortiori si durant sa vie, il n’a revendiqué aucune appartenance spécifique. Chaque créateur représente par excellence l’expression d’une individualité qu’il est inconcevable de dissoudre dans une idée collective.

Cependant, on ne peut empêcher l’auditeur qui découvre un compositeur pour la première fois de le relier forcément à un monde plus familier qu’il connaît déjà. De prime abord, le style de Taconet se situe dans une esthétique de la musique française qui privilégie extérieurement le charme de l’instant, l’équilibre de l’architecture, la pondération de l’expression. Mais à y regarder et entendre de plus près, sa musique révèle une variété de moyens d’expression et de sentiments contrastés qui n’est pas sans surprendre. Expression fauréenne- nous dit Paul le Flem- sûrement, par son caractère parfois insaisissable, évanescent, se dérobant à la première écoute. Mais ce n’est pas là l’essentiel. Taconet sait installer un climat, assombrir un instant, en illuminer un autre, faire affleurer tantôt Rachmaninov, tantôt Chabrier, sans jamais toutefois céder à la tentation d’adopter un idiome qui ne serait pas l’expression de sa propre personnalité. Son langage reste fidèle à la tonalité qu’il sait manier avec souplesse et efficacité, sans jamais tomber dans un quelconque académisme convenu. Sa musique est celle d’un tempérament lyrique par excellence, qui fait peu de cas de l’effet instrumental superficiel.

Néanmoins, Taconet sait solliciter toutes les ressources de l’instrument qui était le sien et qu’il connaissait le plus intimement : le piano. La voix comme le violon ne sont alors que les vecteurs de la mélodie, du chant transmettant ce lyrisme continu qui gouverne d’un bout à l’autre sa musique. L’écriture pianistique de ses œuvres présente souvent une ampleur qui laisse percevoir sa connaissance expérimentée du clavier, comme en témoignent la Sonate pour violon et piano et le postlude pianistique d’Anges.